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Les 300 miles de CAROLE L'endurance est une affaire de
famille. L’endurance : une affaire de famille. Courir à moto c’est ce qu’on aime, partager un bon moment de sport avec son fils c’est toujours un grand plaisir, réunir les deux c’est fantastique. C’est ce que nous avons fait mon fils Thomas 24 ans et moi 51 ans le week-end du 29 et 30 août en courant ensemble l’endurance nationale pour les 4 cylindres associée aux 300 miles de Carole qui, elle, est une course réservée aux twins. Les préparatifs : Au départ il fallait que Thomas s’entraîne, lui qui n’avait plus roulé sur piste depuis 1993, époque où il montait sur les podiums avec des gars qui depuis se sont fait un beau palmarès, lors des courses de PW80 (à l’époque les Conti n’existaient pas). Il s’y est vite remis, après 3 journées sur piste avec une 250RS Aprilia où il n’était pas très rapide, il a essayé le 750 gex. Dès la fin de sa première après midi il était régulier en 1’11 (meilleur tour en 1’10’’80) à Issoire, donc à peu près mes chronos. Avec cependant la particularité de conduire un peu trop en sous régime, heureusement ce n’est pas un 600, le 750 Suz a du coffre en bas. La moto était préparée par mes soins. Mise en conformité avec le règlement : moteur juste débridé, pot d’origine, 1 train de pneus à moitié usés pour les entraînements et essais libres et 1 train neuf pour les essais chronos et la course, plus mon jeu de roues avec les pluies. Un jeu de plaquettes racing pour les essais, un jeu d’origine pour la course. Pour tenir le stand pendant la course, des copains courant la course de twins nous prêteront un derrick et un extincteur pour les ravitaillements essence et nous assisteront, nous leur rendrons la pareille pour leur course.
Arrivée à Carole : Il fait beau et il fera beau jusqu’au bout, beau et chaud. Nous passerons de super-moments dans le parc, autour de la table pour l’apéro ou les repas, pour mécaniquer un moteur rebelle ou une partie cycle vicieuse. Je retrouverai des copains, des connaissances des années 70/80 les soirées seront occupées à refaire le monde motard ou à nous rappeler nos souvenirs type « Joe Bar Team » Que du plaisir ! Revenons à la course : Nous avions prévu de rouler le lundi précédent la course pour apprendre le circuit. Moi j’y avais couru et même gagné une endurance, mais avant la guerre (celle du golf pas 39/45) dans les années 80 en 2 temps, Thomas lui n’y avait jamais roulé. Seulement Carole c’est Paris donc blindé de monde et nous ne pourrons que très peu rouler. Des séries sans arrêt interrompues par des chutes, donc jamais plus de trois tours clairs de suite et moins de 40 tours à nous deux dans la journée ! Heureusement les essais libres nous permettrons de mieux rouler, Thomas en 1’11, moi en 1’13. Hé oui le minot pose le daron ! Je n’aime pas ce circuit sans entrée de courbe rapide et j’ai du mal dans les entrées de courbes lentes avec cette moto qui drible de partout au moment où on rentre la 2. Thomas lui il fait tout en 3, pas gêné par le frein moteur il rentre beaucoup plus fort, il ressort peut-être moins fort mais avec le souffle du 750 au total il est gagnant. Le problème c’est le pneu arrière que l’on détruit très vite (je découvrirai bien plus tard qu’en vieillissant mon amortisseur arrière freine de plus en plus la détente). Comme nous n’avons qu’un train de pneus neufs pour faire les qualifications et la course nous décidons de ne faire qu’une séance qualif chacun pour assurer une place, même en fond de grille. Ce qui est fait moi en 1’12’’80 Thomas en 1’10’’60 nous sommes 26ème sur la grille. La pole est en 1’05. Dans l’espoir de préserver le pneu arrière, je retends le ressort et enlève de la détente. Thomas fera une série de plus pour valider ces réglages d’amortisseur. Ces modifications s ‘avèreront précieuses car le pneu qui se détruisait en 2 heures tiendra les qualifs et la course sans se détruire. Bien que je l’économise en cassant la trajectoire dans la parabolique afin de réaccélérer avec la moto le plus relevée possible il glissera dans la parabolique à partir de la mi course.
La course : Elle dure 3 heures pour viser la meilleure performance l’idéal serait que Thomas parte pour 1h que je roule 1h et qu’il finisse pour 1h et nous devrions être dans les quinze premiers. Compte tenu du fait que la plupart des équipages court à l’américaine (une moto par pilote) ceux-ci auront l’avantage d’avoir des pneus et des freins l’américaine (une moto par pilote) ceux-ci auront l’avantage d’avoir des pneus et des freins neufs pour 1 heures 30’ quand nous devrons gérer 3 heures. Nous décidons donc de faire deux relais chacun, je partirais (l’expérience au départ) Thomas finira, c’est un moment sympathique de passer le drapeau à damier. Les aléas de la course, un brassard oublié, une neutralisation pour accident après 20’ de course feront que Thomas me relaiera à ce moment pour 50’. Il fera son meilleur tour en 9’80 les autres réguliers en 1’12’’ puis je reprendrai le guidon pour 1h10 ; régulier entre 1’11’’80 et 1’12’’40. Enfin Thomas finira avec un pneu mort et des plaquettes au bout, en 1’14’’ avec quelques tours en 1’12’’. Nous finissons 24ème super contents. Notre chef de stand, Bruno a super bien géré la course, en choisissant de nous faire changer de pilote sans ravitailler au moment de la neutralisation, il a dirigé les ravitaillements de main de maître, nous allions presque aussi vite que ceux qui étaient à deux motos. Nos panneauteurs ravitailleurs et préposés extincteur ont assuré un max, nous sommes tous contents d’avoir bien fait ce que nous devions faire sans aucun problème. C’est sûr que si tous étaient en course endurance « vraie », celle où on ravitaille et où on gère les pneus, les plaquettes, celle où la chute, même petite, est interdite, nous aurionterdite, nous aurions peut-être fini dans les 15. En effet, pour nous, une petite glissade c’est au moins 20 tours dans la vue, le temps de rentrer, de réparer et repartir. A l’américaine il suffit de rentrer au stand et on répare pendant que l’autre moto roule. C’est ainsi que devant nous, à moins de 2 tours il y eut quatre équipages qui sont tombés. Je ne parle pas du temps de ravitaillement car avec le derrick et notre équipe de stand on n’a pas perdu 20 secondes sur les autres. Pour moi l’endurance c’est une équipe de copains motivés et efficaces autour d’une moto. Avec les ravitaillements, les gars dans les stands ont une part importante dans la course, sans eux les pilotes ne pourraient pas rouler. Chaque pilote doit rouler le plus vite possible sans détruire la moto, pour passer à l’autre une bonne machine, celle qu’ils ont mise au point ensemble. L’endurance c’est une course d’une équipe de 5 à 7 personnes : 2 pilotes et au moins 3 copains performants dans les stands. A mon avis la course à l’américaine, c’est deux individualités qui cumulent leur tours pour faire un total de tours, ce n’est pas une course d’équipage, donc pour moi ce n’est pas de la vraie endurance. Enfin je m’égare, l’essentiel est que malgré la formule américaine qui ne nous avantageait pas, nous avons vécu une superbe course, nous nous sommes fait un grand plaisir et plein de souvenirs. L’an prochain on refera au moins celle là plus d’autres sur des vrais circuits avec des virages où on rentre vite. |